UN Negociations of a treaty banning nuclear weapons : Première Journée

nuclearmissiles

La puissance et la Bombe : le Folamour.

J’ai l’honneur de représenter le Mouvement de la Paix à l’occasion de la conférence des Nations Unies pour négocier un traité d’interdiction des armes nucléaires.

Cette conférence est une occasion unique d’aborder ce sujet toujours opaque et très méconnu. Pourtant, la réalité des armes nucléaires est terrifiante. Ce sont des milliers d’armes nucléaires d’une puissance inimaginable capables de faire potentiellement des millions de victimes qui sont maintenues prêtes à être utilisées dans des silos, des bases aériennes et des sous-marins à travers le monde.

Un temps symbole de puissance militaire, l’armement nucléaire s’est structuré autour d’une pensée, d’une stratégie : la dissuasion. L’idée est qu’un état disposant d’armes pareilles ne pourrait être menacé par un autre car les conséquences pour ce dernier serait terrible. Cela a amené les stratèges et les ingénieurs militaires des pays nucléaires à réfléchir à des méthodes de contre-attaques pour entraîner son adversaire avec lui dans le chaos et à des armes toujours plus sophistiqués pour pénétrer les défenses adverses.

Aujourd’hui,  nous avons des milliers d’armes nucléaires prêtes à l’emploi qui attendent leur heure comme d’effroyables épées de Damoclès. L’importance des arsenaux et la puissances des armes en question ne fait aucun doute que l’utilisation d’une seule d’entre elle entraînera le monde dans la destruction la plus totale.

CARTE-ARMES-ICAN

Ces négociations sont l’occasion de faire un premier pas pour sortir de ce monde sous menace permanente. L’objectif est d’établir une norme. Il s’agit de dire que, à l’image des armes chimiques et à sous-munitions, ces armes sont moralement inacceptables pour une nation.

Les arguments pour faire avancer cette idée seront moraux mais aussi politiques et financiers. Quand les Etats détenteurs de l’arme nucléaire disent vouloir la garder pour assurer leur sécurité et leur indépendance, comment justifier qu’on la refuse d’autres Etats qui avance la même raison ? L’argent dépensé dans les programmes de modernisation de l’arme nucléaire ne ferait-il pas passer avancer davantage la paix en l’investissant dans la diplomatie et les programmes de développement internationaux ?

Voilà le cadre de ces négociations. Pour en savoir plus sur le fonctionnement physique des armes nucléaires, la stratégie autour de leur possession, les conséquences de leur apparition sur la géopolitique internationale et les précédentes tentatives de leur régulation, je vous conseille le Que Sais-Je ? sur l’arme nucléaire écrit par Bruno Tertrais. malgré le fait que le livre, comme son auteur, soit partisan de l’arme nucléaire.

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Le 27 octobre 2016, le Premier Comité de l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté une résolution (la résolution L.41) pour relancer les discussions pour un traité d’interdiction des armes nucléaire, avec 123 votes Pour, 38 Contre et 16 abstentions. Le vote fut confirmé à l’Assemblée Générale le 23 décembre 2016. Sans surprise, l’ensemble des Etats possédant l’arme nucléaire s’y sont opposés ou se sont abstenus, sauf, ironiquement, la Corée du Nord qui s’est finalement retirée des discussions. La division entre une majorité d’Etats voulant vivre dans un monde sans arme nucléaire et une minorité d’Etats possédant l’arme et leurs alliés allait aboutir à une événement surprenant.

Une première journée très politique

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La première journée a commencé fort. A 7 heures et demi du matin, avant même que je me rende au bureau de l’ONU pour avoir mon badge d’entrée, j’apprends par Mme Arielle Denis, membre d’ICAN France et de l’International Peace Bureau, une nouvelle qui va fortement influencer la journée. Nikki Haley, la représentante des Etats-Unis à l’ONU, nommée par Trump, a annoncé une conférence de presse de protestation contre un traité d’interdiction des armes nucléaire. Ainsi, à 10h, alors que l’Assemblée Générale lançait les négociations, Mme Nikki Haley organisait une conférence de presse qui avait une image de “sit-in”. Jusque là, on n’avait peu d’informations sur les Etats qui suivrait les Etats-Unis. On savait que le Royaume-Uni et l’Australie en serait, mais la présence ou non de la France était en doute. Alors que l’ensemble des politiques français se réclament aujourd’hui de la ligne dite “gaullo-mitterandienne” d’indépendance de la France, la représentation française s’est (une fois de plus ?) rangée derrière les américains. A sa décharge, elle n’était pas seule. L’ensemble des Etats membres de l’OTAN ont boycotté les négociations. Il est également fait état de rumeurs de pression de la part des Etats nucléaires sur leurs zones d’influence, notamment de la France sur l’Afrique francophone.

U.S. ambassador to the United Nations Nikki Haley speaks while French Deputy Ambassador to the U.N. Alexis Lamek and British Ambassador to the United Nations Matthew Rycroft listen outside the General Assembly at the United Nations in New York
(Source : Reuters/Shannon Stapleton)  Article

Dès que la conférence de presse fut connue, ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons) organisa une “contre”-conférence de presse pour répondre à la manœuvre américaine. Ce fut l’occasion pour les ONGs de répondre aux Etats-Unis et à leur alliés. Les ONGs ont notamment déploré que les Etats en question ne viennent pas discuter leurs désaccords dans le cadre des négociations mais préfèrent boycotter la conférence. Certains activistes pensent que cette action pourrait mettre les Etats-Unis dans une position difficile lors des prochaines négociation du Traité de Non Prolifération nucléaire.

Pendant ce temps, dans le salle, les Etats se sont enchaînés pour déclarer leur position. Les activistes des ONGs ont entamé leur travail de lobbying en organisant des rencontres avec les diplomates présents pour connaître leurs positions et apporter des arguments aux indécis. Les représentations absentes sont également sollicitées pour organiser des rencontres. Les pays sont répartis par zones géographiques et par affinité entre les activistes des ONGs. Mme Arielle Denis est chargée de rencontrer les Etats africains francophone.

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On n’est pas encore entré dans le vif du sujet mais pour ceux pour qui s’était la première fois à l’ONU (comme moi), ce fut l’occasion de prendre leurs marques.

Pour suivre les travaux

Vous pouvez vous rendre sur le site de l’ONU mais surtout sur Reaching Critical Will. Ce site est alimenté en permanence par les activistes présents. Enfin, le site NuclearBan.org propose une veille des déclarations des diplomates.

Sur Twitter, suivez l’hashtag #nuclearban et les Etats absents sont interpellés avec #wishyouwerehere.

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2 thoughts on “UN Negociations of a treaty banning nuclear weapons : Première Journée

  1. Grand et cordial MERCI à vous, Henri Xavier HOFBAUER – et par vous, à Mme Arielle DENIS qui a facilité votre accréditation – de votre travail à la Conférence des Nations Unies en vue de négocier un traité d’interdiction des armes nucléaires
    Madeleine MENIERE

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